LA RECHERCHE

Infrastructures essentielles | LSV |
Projet surveillance virtuelle | projet sécurité urbaine

 

ENQUÊTE SUR LA PROTECTION DES INFRASCTURES ESSENTIELLES
Projet conjoint avec ERTA

Enquête financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et par le Programme des chaires de recherche du Canada.

RÉSUMÉ
Ce projet vise à mieux comprendre l’organisation de la protection des infrastructures essentielles au Canada, c’est-à-dire les réseaux de production et de distribution d’énergie, les télécommunications, les réseaux financiers, la production et distribution de nourriture et d’eau potable, les transports et certaines industries fondamentales. De plus, il faudra tenir compte d’une chose souvent oubliée, qui est l’interconnexion de toutes ces infrastructures. Par exemple, une perturbation des réseaux énergétiques peut causer des problèmes de transport et donc d’eau potable puisque la production de cette dernière dépend de certains produits chimiques absolument indispensables (notamment, le chlore).

Les infrastructures canadiennes sont vulnérables à un grand nombre de dangers, des accidents aux phénomènes météorologiques, mais le présent projet vise en particulier à expliquer la manière dont la menace terroriste a modifié l’approche gouvernementale de la protection des infrastructures, et particulièrement au chapitre de la surveillance. Ainsi, le foyer de notre attention n’est pas le terrorisme en tant qu’objet, mais bien en tant que motivation pour la modification des modes de protection des infrastructures.

À travers le prisme de la menace terroriste nous chercherons à comprendre comment s’organisent les rapports entre les gouvernements, les polices publiques, les services de sécurité privée et les entreprises et agences responsables des différentes infrastructures. Dans un contexte de « moderne tardive » il est utile de penser la protection des infrastructures sous un modèle souvent appelé « nodal » dans lequel un réseau d’acteurs variés (les « noeuds ») doivent interagir et où les responsabilités tendent à la décentralisation. Ces acteurs sont étatiques, para-étatiques, privés et communautaires, avec l’État conservant traditionnellement un rôle central de contrôle global. Ce rôle va en diminuant dans la plupart des sphères de la sécurité, mais nos études en cours montrent que celle de la sécurité nationale semble immunisée contre ce courant global. Notre projet nous permettra de découvrir les raisons et les détails de cette différence apparente.

Une chose particulièrement intéressante, vue la nature interdépendante des infrastructures, est qu’il soit possible que l’organisation des acteurs de la sécurité forme un réseau qui serait le miroir du réseau des infrastructures elles-mêmes. Dans cette éventualité nous devrons examiner l’hypothèse voulant que les modalités de fonctionnement des technologies déterminent la structure des relations humaines.

PROJETS TERMINÉS/PUBLIÉS :

  • Modes de contrôle visuel des infrastructures urbaines : municipalité de Québec (Stéphane Leman-Langlois - Gabriel Larivière-Bélanger)
  • Technologisation de la sécurité aéroportuaire : le cas du scanner corporel (Stéphane Leman-Langlois - Caroline Pelletier
  • La sécurité comme problème d’ingénierie : le réseau techno-sécuritaire (Stéphane Leman-Langlois)

PROJETS EN COURS :

  • Organisation du discours public de l’État en matière de sécurité des infrastructures (Stéphane Leman-Langlois - Patrick Laurin)
  • Le discours public de la sécurité — comparaisons européennes (Stéphane Leman-Langlois - Andriantsitovianarivelo Rabearivelo)
  • Sécurisation des infrastructures d'exportation d'hydroélectricité vers les ÉUA (Martin Pelletier)

 

 

Au Royaume-Uni, il y a une caméra de vidéosurveillance par 14 habitants. Au Canada, il y en a moins d’une par 10 000. Le risque n’est donc pas un objet tangible mais le produit d’une estimation variable selon les sociétés, où il mobilise des mesures de contrôle d’ampleur diverse. La plus importante de ces mesures est la surveillance, sous toutes ses formes. Paradoxalement, plus on surveille et plus on arrive à identifier des risques qu’on n’avait pas encore imaginés.

Le programme de la chaire innove en s’attaquant à cette structuration en combinant l’étude des pratiques de la surveillance à celle des représentations du risque, ce qui comblera des lacunes de part et d’autre : placer la surveillance dans son contexte sociopolitique et connecter le discours du risque aux pratiques qui à la fois en découlent et le soutiennent.

La Chaire de recherche du Canada en surveillance et construction sociale du risque est dotée d’un budget de 500'000$ (renouvelable) fourni par le programme des Chaires de recherche du Canada, auquel s’ajoute un financement infrastructure de 325'000$ fourni par la Fondation canadienne pour l’innovation et un fonds de fonctionnement de 100'000$ venant du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. Située à l’Université Laval, la chaire a été fondée en 2009.