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AXES DE RECHERCHE
L’Approche
théorique préconisée est constructiviste
et s’affaire à inventorier les aspects culturels
et sociaux qui influent les perceptions des acteurs. Ces perceptions
sont à la base de leurs actions subséquentes. Il
faut cependant éviter de faire l’économie
des facteurs structurels (organisationnels et technologiques,
entre autres) qui ont eux aussi leur rôle. Ces aspects
forment un cadre limitant les possibilités réelles
de surveillance, mais aussi une série de foyers où sont
identifiés de nouveaux problèmes et de nouvelles
solutions. Cette approche contribuera à faire un lien,
qui fait défaut à la plupart des recherches dans
le domaine, entre les conditions technologiques et structurelles
(lois, institutions, événements, etc.) et les représentations
sociales de la sécurité, du risque et de la surveillance.
1. Modalités d’observation : afin de réaliser
les objectifs de la programmation de recherche, des études
sur le terrain se dérouleront comme suit. Premièrement,
nous entreprendrons des études des représentations
du risque qui sont présentées pour justifier l’adoption
de nouvelles formes de surveillance dans des contextes ordinaires
(ou quotidiennes, entre autres : vidéosurveillance, interconnexion
et exploration de banques de données, biométrie)
et extraordinaires (entre autres : automatisation de la protection
des frontières, surveillance par satellite, déploiement
de services de renseignement militaire en territoire national).
Deuxièmement, nous nous attacherons aux modes de surveillance
de nouvelles conduites qui sont présentées comme
des risques résultant d’une surveillance inadéquate,
entravée par les contraintes technologiques. Un cas d’exemple
serait les multiples formes de la cybercriminalité. Troisièmement,
nous produirons des analyses des retombées concrètes
et symboliques du complexe surveillance— risque. La transformation
physique de l’environnement, la modification des comportements
(contrôle social, gestion du risque) l’impact culturel
de l’omniprésence de la surveillance, le bouleversement
des normes (nouvelles incriminations relatives au « vol d’identité » ou
aux contraventions au copyright, nouvelles protections légales
au plan des droits, etc.), ainsi que les effets non-intentionnels
(« pervers ») de la surveillance sont autant d’exemples.
Enfin, nous mettrons sur pied une veille technologique et sociologique,
puisqu’il faudra être en mesure de rendre compte des
transformations politiques, technologiques, sociales, culturelles,
etc. relatives au complexe surveillance—risque. Le module
de collecte d’information sur les développements technologiques
sera confié à des étudiants.

2. Méthodes : un ensemble de méthodes d’enquête
complémentaires seront utilisées. Toutes les études
visant à explorer les perceptions des acteurs utilisent
surtout l’entrevue qualitative, où les répondants
sont libres de s’exprimer à leur gré et de
structurer leurs réponses comme bon leur semble. L’observation
participante (par exemple, en intégrant des étudiants
dans des milieux de pratique) pour rendre compte des pratiques
professionnelles au quotidien et pour approfondir la compréhension
du discours tenu par les acteurs, est également préconisée.
Les études sur le discours public, organisationnel et institutionnel
au sujet du risque et de la surveillance seront menées à l’aide
d’analyses documentaires. Les documents collectés
incluront les discours prononcés par les politiciens et
hauts fonctionnaires, les transcriptions des débats au Parlement
ou à l’Assemblée nationale (le « Hansard »),
les publications officielles, incluant les projets de loi, les
règlements, les directives gouvernementales, les rapports
annuels d’entreprises et d’organisations publiques
et parapubliques, la littérature professionnelle, technique
et publicitaire, etc. Enfin, les statistiques descriptives serviront à établir
certaines caractéristiques de base des objets à l’étude.
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Au
Royaume-Uni, il y a une caméra de vidéosurveillance
par 14 habitants. Au Canada, il y en a moins d’une par
10 000. Le risque n’est donc pas un objet tangible mais le produit
d’une estimation variable selon les sociétés,
où il mobilise des mesures de contrôle d’ampleur
diverse. La plus importante de ces mesures est la surveillance,
sous toutes ses formes. Paradoxalement, plus on surveille et
plus on arrive à identifier des risques qu’on n’avait
pas encore imaginés.
Le programme de la chaire innove en s’attaquant à cette
structuration en combinant l’étude des pratiques
de la surveillance à celle des représentations
du risque, ce qui comblera des lacunes de part et d’autre
: placer la surveillance dans son contexte sociopolitique et
connecter le discours du risque aux pratiques qui à la
fois en découlent et le soutiennent. La Chaire de recherche du Canada en surveillance et construction sociale du risque est dotée d’un budget de 500'000$ (renouvelable) fourni par le programme des Chaires de recherche du Canada, auquel s’ajoute un financement infrastructure de 325'000$ fourni par la Fondation canadienne pour l’innovation et un fonds de fonctionnement de 100'000$ venant du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. Située à l’Université Laval, la chaire a été fondée en 2009. |